Pain d’épices / Gingerbread

2015 a été un année particulièrement difficile. À la fin août, j’ai été admise à l’hôpital à cause d’une grave infection. Mon parcours a été semé d’embûches et d’obstacles… et je suis restée hospitalisée plus de deux mois. Alors que je pensais que le calvaire s’est terminé, j’ai dû rester à la maison, arrêter de travailler, rendre visite à de multiples docteurs et même faire d’autres visites à l’hôpital. Je suis presque au bout de cette aventure, qui doit se terminer par une dernière opération – normalement dans quelques semaines.

Let’s just say it – 2015 was an absolute bitch to me. At the end of August, I went to the hospital for a very serious infection… and stayed there for two whole months. When I thought it was the end of the nightmare, I had to stay at home, stop working and keep on visiting doctors and the hospital. Luckily, I am almost at the end of this adventure, as it should be over with one last operation, hopefully in the next few weeks.

Alors entre deux séjours à l’hôpital, et puisque je ne peux évidemment pas voyager, j’ai souhaité profiter des fêtes au maximum. J’ai eu la chance d’avoir la visite d’une partie de ma famille entre Noël et le Nouvel An, j’ai donc voulu les régaler de recettes faites maison! Il faut dire que leur soutien pendant ces six derniers mois a été absolument essentiel, et nous sommes encore plus proches maintenant. Les épreuves, ça ressert les liens, c’est sûr. Alors ces petites recettes que j’ai cuisiné avec mon amoureux pour ma petite famille, je voulais les partager ici également!

So, between two visits at the hospital, and because I can’t travel anymore at the moment, I decided to live life to the full, especially during the holidays. I had the chance to have a part of my family to come visit me between Christmas and New Year’s Eve, and all I wanted was to cook for them all kinds of homemade recipes! I have to say that they showed me an amazing support during the last six months, and we are even closer now. Ordeals bring people together, that’s for sure. These recipes that I have cooked with my sweetheart and for my little family, I would love to share them with you. 

La première recette que je veux partager ici je l’ai trouvée sur Fashion Cooking, c’est le site d’une ancienne collègue de fac de ma soeur qui a depuis gagné l’émission Le Meilleur Pâtissier sur M6. Son blog m’a souvent inspiré, et cette recette de pain d’épices est tout simplement à tomber et je ne peux que la partager avec vous! Un ravage avec le foie gras,(avec par exemple, du confit d’oignon ou une petite confiture qui se marie bien avec le foie gras) mais il peut également se déguster frais ou grillé avec du beurre, de la confiture à l’heure du thé.

I found the recipe that I will share with you today on the website Fashion Cooking. It is the cooking-blog of a former university friend of my sister, and also the winner of the french version of The Great British Bake Off (!) Her blog always inspired me to create new things, and this gingerbread recipe is so damn delicious that I just have no choice but to share it with you! It is particularly delicious with foie gras (massively eaten during the holidays in France), which makes it a perfect bread for special occasions and for refined appetizers. Of course, it can also be eaten fresh or toasted with butter and/or jam at tea time.

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Pain d’épices / Gingerbread

Préparation/Preparation: 10 minutes

Cuisson/Baking: 40 minutes

Refroidissement/Cooling: Quelques heures, pour plus de facilité à la découpe / A few hours, to ease the cutting of the bread

Ingrédients/Ingredients:

– 125 g de miel / honey

– 125 g de sucre roux / brown sugar

– 30 g de beurre / butter

– 20 cl de lait / milk

– 250 g de farine / flour

– 2 cuillères à café de bicarbonate de soude diluée dans un peu d’eau chaude / 2 tsp of baking soda diluted in a bit of warm water

– 2 cuillères à soupe de mélange à pain d’épices (ou mélange 4 épices) / 2 tbsp of gingerbread spices mix

Préparation/Preparation:

Préchauffez le four à 180°C.

Pre-heat the oven at 180°C.

Dans une casserole, faites fondre le beurre, le lait, le sucre et le miel à feu doux. Dès que le beurre à fondu, versez ce mélange dans un saladier.

In a pan, melt butter, milk, sugar, honey on a low heat. As soon as the butter is melted, pour the mixture in a bowl. 

Ajoutez la farine en une fois, puis les épices et le bicarbonate de soude puis mélangez vivement.

Add the flour, the spices and the baking soda on top of the mixture and stir swiftly. 

Chemisez un moule à cake avec du papier cuisson en laissant dépasser de longs pans de papier cuisson dans la largeur. Le papier cuisson servira à l’emballage du cake après cuisson.

Line a cake/bread pan with parchment paper (better if the pan is rectangular like these but it is also possible to do it in a regular round cake pan.) Make sure you leave enough paper on the sides of the pan to wrap the gingerbread after baking. 

Versez la pâte dans le moule à cake chemisé et enfournez pour 40 minutes à 180°C.

Pour the dough in the lined pan and put it in the oven for 40 minutes at 180°C.

Au bout de 5 minutes de cuisson, sortez le moule du four, lissez la pâte sur le dessus à l’aide d’une spatule et avec la pointe d’un couteau, tracez un trait au centre du cake dans la longueur pour permettre au pain d’épices de gonfler régulièrement. Enfournez de nouveau pour les 35 minutes restantes.

After 5 minutes of baking, take the pan out of the oven, use a spatula to smooth the dough. Use a knife to draw a line lengthwise at the center of the cake to allow the bread to rise evenly. Put in the oven for the remaining 35 minutes.

Au bout des 40 minutes de cuisson, vérifiez la cuisson avec la lame de couteau. Si elle en ressort propre, sortez le pain d’épices, sinon ajoutez 5 à 10 minutes de cuisson. Laissez le pain d’épices refroidir 2h dans son moule.

After 40 minutes of baking, check that the gingerbread is baked with a knife. If the knife is clean, then take the bread out of the oven. If not, put the bread back in the oven for 5 to 10 minutes. Let it cool in the pan for around 2 hours. 

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Une fois refroidi, sortez le pain d’épices du moule avec son papier cuisson. Rabattez les pans du papier cuisson sur le pain d’épices puis entourez-le d’un ruban pour un joli cadeau gourmand. Il se conservera 10 jours à température ambiante.

Once it is cold, take the gingerbread out of the pan with the paper. Wrap the bread in the paper and use a nice ribbon to close it. This lovely and delicious gift should be eaten within 10 days after baking – store it at room temperature.

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Bon appétit! Et à très vite pour une nouvel article, encore à propos de petites choses à manger!

Enjoy! See you soon for a new article… about food, again! 

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Le come-back + Nutella Cheesecake

1 an et 6 mois. Je n’ai pas écrit sur ce blog depuis le 25 Septembre 2013. Et pourtant, il s’est passé énormément de choses pendant ce temps. J’ai quitté Vienne les larmes au yeux, déménagé pour Berlin, où j’ai commencé à travailler fin Septembre 2013. J’ai écumé presque une dizaine d’apparts dans la capitale Allemande, avant que mon amoureux me rejoigne il y a tout juste un an. On est maintenant installés dans une joli petit appart, et on travaille tous les deux… au même endroit! Car oui, si je n’ai pas écrit depuis 1 an et demi, c’est bien parce que ma vie a beaucoup tourné autour du travail. J’ai enfin intégré « officiellement » l’équipe d’Impossible, après 3 stages et des années d’attente. Et, cerise sur le gateau, mon amoureux a également rejoint la team. Après cette frénésie, j’ai maintenant (un peu) plus de temps pour moi et pour ce blog! Espérons que ça dure.

1 year and six months. My last article on this blog is from the 25th of September 2013. I can’t believe how many things happened in that timeframe. I have left my beautiful Vienna with tears in my eyes, moved to Berlin and started working at the end of September 2013. I have settled down in almost ten flats in the german capital city, until my sweet one finally moved here as well, a year ago. We are now living in a cute apartment, and we are both working… for the same company! Yes, I admit, if I have been so quiet this past year and a half, this is mainly because of work. I have finally and « officially » joined the Impossible team, after 3 internships and a few years of waiting. And, the icing on the cake, my better half also joined the team. Now that the frenzy is over, I have (a bit) more time for me and for this blog! Let’s see how long it lasts.

Le première recette de l’année ne pouvait pas être banale, il fallait qu’elle soit riche en beurre et pleine de sucre! J’ai opté pour le Nutella Cheesecake, peut-être un peu too much, j’avoue, mais – YOLO – c’est tellement absolument éperdument à tomber! Ah aussi, vous avez remarqué la version bilingue, ouais ouais je m’exporte! #internationalbaby

The first recipe of the year couldn’t be an unremarkable one, it had to be full of sugar and butter! I have decided to share with you the recipe of the Nutella Cheescake. It might be a bit too much, but – YOLO – it is friggin delicious! Oh, by the way, I’ll try to write my articles in a bilingual version. #internationalbaby

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Nutella Cheesecake

Préparation/Preparation: 20 minutes

Cuisson/Baking: 0 minutes

Refroidissement/Cooling: Quelques heures, une nuit si possible (si vous résistez à l’envie!) / A few hours, one night if possible (if you are strong enough to resist!)

ingrédients

Ingrédients

– 400 g Nutella

– 100 g Beurre / Butter

– 500 g Philadelphia Cream Cheese

– 250 g Petits Lu / Plain Sweet Cookies

– 70 g Sucre glace / Icing sugar

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Préparation

Coupez les 100 g de beurre en cubes, ajoutez  une cuillère à soupe de Nutella. Faites chauffer au bain marie ou au micro-ondes jusqu’à ce que le mélange soit complètement fondu.

Chop 100 g of butter in cubes, add one tablespoon Nutella. Melt in the microwave or a double-boiler.

En attendant, mixez la totalité des biscuits (250 g) en poudre.

While waiting for the butter to melt, blend all the cookies (250 g). 

poudre

Ajoutez le mélange Nutella – beurre fondu à la poudre de biscuits. Mélangez jusqu’à obtenir une consistance de sable humide.

Add the melted butter and Nutella mixture to the cookies powder. Stir together until it looks like wet sand.

beurre nutella poudre

Versez la mixture dans un moule à charnière de 20/22 cm pour former la base. Utilisez un verre ou une bouteille à fond plat pour appuyer sur la pâte et la faire monter sur les côtés. Essayez de former un ensemble uniforme. Mettez au frais pour que la base se solidifie.

Take a 20/22 cm springform tin and put all the cookie mixture in. Use a flat-bottomed glass or bottle to press the mixture down and up the sides. Try to make it even. Put in the fridge to chill.

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Coupez 500 g de Philadelphia Cream Cheese (ou fromage frais de type Saint Môret) en cubes. Ajoutez 70 g de sucre glace et battre au batteur jusqu’à obtenir une consistance crémeuse.

Chop 500 g of Philadelphia Cream Cheese in cubes. Add 70 g of icing sugar and beat together until the cream is soft.

philly sucre

Ajoutez le reste du pot de Nutella de 400 g (que vous avez entamé pour le mélange beurre – Nutella) au mélange Philadelphia – sucre glace. Battre au batteur.

Add the rest of the Nutella jar (minus the tablespoon that you have used earlier) to the Philadelphia – icing sugar mixture. Mix until the mixture is smooth.

philly sucre nutella mix

Sortez le moule du frigo et versez délicatement le mélange sur la base refroidie. Lissez le mélange et (c’est la partie la plus difficile!) mettez au frais pour au moins 4 à 5 heures, voire toute une nuit si possible.

Take the springform tin from the fridge and transfer the mixture on the solid base. Smooth the mixture so it is even. (Here comes the hardest part), put it in the fridge for at least 4-5 hours, or even overnight if possible.

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Après quelques heures, le Nutella aura durci et permet de couper le gateau facilement, alors qu’il n’a pas été cuit! On peut penser que le tout est trop/très sucré, et pourtant la fraîcheur du fromage frais apporte la touche nécessaire pour que le gâteau ne soit pas écoeurant. Difficile de refuser une seconde part!

After a few hours, the Nutella will be harder and the cake will be easy to cut, even though it hasn’t been baked at all! Thanks to the Philadelphia Cream Cheese, the cake is not too sweet… and it is simply to hard to not take a second slice!

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Bon appétit! Et à très vite pour une nouvel article (et pas dans un an, je vous jure!)

Enjoy! See you soon for a new article (and not in a year, I swear.)

Recette découverte ici (vidéo) / Recipe discovered here (video

Dans les jupes de ma maman

Je sais, cela fait une éternité que je n’ai pas écrit d’article. À vrai dire, cela fait si longtemps que j’en ai honte. Bon, j’ai quelques circonstances atténuantes qui vont, je l’espère, calmer votre colère!

Tout d’abord j’ai terminé la rédaction de mon mémoire de master. À la dernière minute, c’est vrai, mais terminé. Le problème quand on travaille toute la journée sur un ordi, dans une ville aussi belle que Vienne, le soir c’est pas facile de s’enfermer dans sa chambre, de rallumer l’ordi et de taper les quelques pages qui rapprochent la rédaction du mémoire de la fin. Ce jour béni est arrivé il y a deux semaines, enlevant par la même occasion le poids pesant sur mes épaules depuis plusieurs mois. Après le mémoire et quelques soirées de répit pour fêter ça, il a fallu que je me lance dans mon rapport de stage, bien plus rapide à écrire mais encore fallait il s’y mettre.

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Bref, j’ai tout terminé dans les temps et ai préparé mon retour en France… Ainsi que mon départ pour Berlin! En effet, je vais commencer mon travail à Berlin en tant que « Marketing Communications Coordinator » pour Impossible à partir du 30 Septembre! Je suis donc actuellement activement à la recherche d’un appartement, d’où je pourrai continuer la rédaction de ce blog au chaud et à l’abri (y’a pas de wifi sous les ponts…)

Pour l’heure, je suis tout fraîchement rentrée d’une semaine en Bretagne. J’ai enfin pu tirer un trait sur mes études, avec la soutenance du mémoire, et surtout j’ai passé du temps avec mes proches. La soutenance s’est passée à merveille, les retrouvailles aussi. Ma famille et mes ami(e)s me manquaient terriblement depuis que je suis partie en mai.

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Mon neveu fait de plus en plus de bêtises et ma mamie est toujours aussi adorable. Ma tante est bronzée à force d’habiter si près de la mer et de travailler à l’extérieur. Ma sœur est belle avec une perruque orange. D’ailleurs mon cousin est aussi drôle en brun ou en roux, ainsi que sa merveilleuse femme.

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Ma deuxième sœur est plus belle que jamais, elle prépare son mariage, son futur mari se consacre à son brillant avenir en tant que magicien amateur (ses tours me laissent sans voix!).

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Mon amoureux est toujours aussi parfait. Mes ami(e)s ont de nouveaux projets et de nouvelles vies en perspective. Mon papa, lui, cherche à dynamiser la production de son petit potager au fond du jardin, qui a pourtant produit (au bas mot!) un million de tomates et trois milles courgettes.

Mais celle dont je veux vous parler aujourd’hui, c’est ma maman.

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Comme je l’ai fait lors d’un article précédent, c’est à travers deux vêtements que je vais vous parler d’elle… Et lui parler, aussi.

Mes parents sont souvent venus me rendre visite lorsque j’étais en vadrouille, que ce soit à Tübingen lors de mon semestre Erasmus en Allemagne, à Vienne, en 2010 et encore cette année. Ils n’ont pas fait le détour jusqu’à New York, pourtant ce n’est pas l’envie qui leur manquait.  Mais ce que vous devez savoir sur mes parents, c’est qu’ils sont plutôt cools. Quand nous étions petites, ils nous trainaient à droite à gauche (souvent dans les coins de France où on mange bien, genre l’Aveyron) et toujours en camping. Cette habitude, ils ne l’ont pas perdue et continuent de camper lorsqu’ils voyagent… À l’exception de cette fois-ci, où ils ont habité dans un joli appartement dans le même quartier que moi à Vienne. Mais par la suite, c’est avec une tente plantée qu’ils ont découvert Salzbourg puis le lac de Constance.

Mes parents aiment prendre leur temps en voyage, mais aiment aussi tout voir. Ils aiment sortir de la ville en voiture et se promener sur les petites routes de campagne, certains de trouver quelque chose d’exceptionnel au bout du chemin, par hasard. Ce goût de la découverte, c’est à eux que je la dois, cette curiosité à toute épreuve j’aimerai encore en faire usage à presque 60 ans.

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Ils aiment aussi me donner des conseils, trop parfois, oubliant que je ne suis plus la petite fille qu’ils pouvaient guider sans que je demande pourquoi. Parfois on se prend le bec, mais ça ne dure jamais vraiment longtemps. Je ne les remercie jamais assez pour ce qu’ils ont pu faire pour moi et qu’ils continuent d’ailleurs à faire. Ils n’ont pas besoin de me dire qu’ils sont fiers, je le sais car ils me soutiennent dans tous mes choix.

Ma maman me demande souvent des nouvelles, elle veut toujours que je lui raconte tout. Maintenant que je vis loin, c’est plus difficile de partager tout ce qu’il se passe dans ma vie. Lorsqu’on a eu l’habitude de passer beaucoup de temps avec ses trois filles, difficile maintenant de les voir loin, sur un écran. Je fais mon maximum pour ne pas abimer notre relation, et au contraire pour qu’elle évolue vers de nouveaux horizons.

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Et puis, en fait, ma maman n’est jamais si loin que ça. Elle est tout le temps dans mon placard. Bon, pas vraiment (ce serait un peu bizarre, j’avoue), mais à travers deux jupes que je lui ai subtilement subtilisé. Ces deux jupes ont pour moi une signification particulière, et quand je les porte je sens qu’elle est près de moi. Elles sont toutes les deux assez longues et je préfère les porter en bustier, du moins en été. Elles ont une allure tout à fait différente comme ça, et quand j’en ai marre je leur redonne leur fonction initiale, celle d’arriver au niveau de mes chevilles.

La première est une jupe à grosses fleurs, très printanière, très fraîche, qui me met de bonne humeur chaque fois que je l’enfile. Elle vole quand il y a du vent. Je l’aime vraiment, et elle va me suivre encore longtemps, même si je vais devoir la bricoler un peu parce qu’elle a tendance à tomber de manière un peu aléatoire.

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La deuxième est tout à fait unique, puisque c’est une création originale de ma maman, qui est couturière à ses heures perdues, ou du moins qui l’était avant de s’occuper de nos plis de pantalons et de recoudre nos boutons. Je l’aime particulièrement, cette jupe, j’adore le motif qui me donne l’impression de prendre le large même aussi loin de la mer.

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Ces deux jupes me font toujours penser à elle, et elle ne s’en doute surement pas. Et pourtant, si elle savait tout ce que je pense d’elle. Il est sans doute temps de le lui dire.

Ma maman, elle sent toujours bon, elle s’habille toujours bien, elle ne sait jamais quelle tête faire quand on la prend en photo, mais quand elle sourit naturellement c’est là qu’elle est jolie. Ma maman, elle a les cheveux tout blanc, mais elle ne les teint pas, et ça lui va très bien. Elle pense toujours aux autres avant de penser à elle, et elle se plie toujours en quatre quand on débarque tous à la maison. C’est vrai, elle veut toujours que tout se passe bien, et qu’on se sente chez nous. Elle a toujours de gentilles attentions, elle aime cuisiner ce qu’on aime quand on est là, elle arrive aussi toujours à faire un plat délicieux même quand il lui manque la moitié des ingrédients de la recette. Ma maman, elle écoute de la bonne musique, souvent à fond dans la voiture, souvent à fond dans le salon. Elle ne sait jamais s’arrêter, c’est d’ailleurs difficile de lui parler pendant longtemps sans qu’elle ne trouve quelque chose à faire en même temps.

Maman, je sais que tu es assise derrière ton écran, à lire cet article. J’espère que tes yeux ne sont pas trop embués, mais je vais profiter d’avoir ton attention pour te glisser quelques mots que je ne dis pas assez souvent à mon goût, et que tu pourra relire autant de fois que tu voudras

– Je t’aime, maman, et tu es merveilleuse.

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Naschmarkt & Brunnenmarkt : les marchés de Vienne

Ces dernières semaines ont été assez chargées, tellement que je n’ai même pas pris le temps de rédiger un seul article de blog. Mes parents sont venus me rendre visite, ainsi que mon amoureux (qui est toujours là) et ses parents. Quel bonheur de pouvoir passer quelques temps en famille après trois mois à vivre toute seule! Mes habitudes de célibataire géographique avaient repris le dessus, et il a fallu que je me réhabitue progressivement à adapter mon rythme de vie à celui de mes visiteurs vacanciers!

Car oui, sans le vouloir et sans même m’en rendre compte, je me suis installée dans une petite routine de Viennoise. J’ai un rythme de vie beaucoup plus actif que lorsque j’étais étudiante à Rennes, je marche plus vite, je suis toujours occupée, et pour couronner le tout, je dois finir d’écrire ce foutu mémoire dont je ne vois pas la fin (c’est le but du mémoire, non?).  Bon, si, il va bientôt se terminer et heureusement, car je commence à devenir folle avec tout ça, surtout que ça me laisse peu de temps pour profiter à fond de Vienne.

Quand je suis arrivée ici, mon amie Autrichienne Héléna m’a dit : « Tu sais, je reste toujours dans le 7ème, je ne vais quasiment jamais me promener dans le 1er ». Traduction, le 7ème (arrondissement), c’est Neubau, le quartier dans lequel je vis et je travaille, et le 1er, c’est le centre historique, où se concentrent tous les plus beaux monuments de Vienne (à l’exception du château, qui est un peu excentré).

À ce moment là, j’ai été très surprise et je n’ai pas compris pourquoi elle n’allait jamais dans le centre. Pour moi, ce n’était pas possible, car le 1er arrondissement, c’est le coeur de Vienne, là où il suffit de marcher et d’ouvrir les yeux pour voir toute la beauté de cette ville… du moins, c’est ce que je pensais jusqu’à ce je vive ici à plus long terme.

Maintenant, je passe le plus clair de mon temps dans mon quartier, je ne vais que très rarement dans le centre historique, et je comprend tout à fait ce qu’Héléna a voulu dire. Dans le 1er arrondissement, il y a une foule de touristes du matin au soir, se pressant pour voir, en une journée, tous les monuments de Vienne sans prendre le temps de les apprécier. Dans le 7ème, je ne vois que des habitants du quartier, des habitués des restaurants, des gens attablés en terrasse, bref, les gens vivent et prennent le temps de vivre dans leur ville. C’est ce qu’il me faut et c’est la raison pour laquelle je ne tiens pas forcément à passer toutes mes journées en plein coeur de l’agitation touristique. Je me sens maintenant chez moi dans ce quartier de Vienne : je connais le nom des rues, je connais les raccourcis, je sais où s’arrêtent les bus et les trams, dans quelle direction ils vont, je sais à quelle heure partir au travail pour ne pas être en retard (ou presque…), je peux renseigner des touristes (les rares qui se perdent dans le quartier).

Mais pourquoi vous parler de tout ça alors que cet article est dédié aux marchés de Vienne? Tout simplement parce que cette logique s’applique également aux marchés. Samedi matin, alors que mon amoureux et moi nous avons raccompagné ses parents à l’aéroport, j’ai eu envie d’aller avec lui au Naschmarkt. Le Naschmarkt est le marché le plus populaire de Vienne, il existe depuis le 16ème siècle, et est situé dans le 6ème arrondissement, tout près du centre historique. En fait, ce n’est pas vraiment un marché mais une suite de halles qui abritent des magasins permanents, des bars ou des restaurants, mais aussi des vendeurs de marché, installés sur la rue. Le tout forme un ensemble pas vraiment cohérent, assez difficile d’accès car les passages sont assez étroits. L’ambiance de marché se retrouve quand même, les vendeurs crient, les gens se pressent, mais malheureusement on voit plus de touristes que de Viennois… et ça s’entend! On a du croiser une dizaines de couples ou de familles françaises.

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Les magnifiques bâtiments qui bordent le Naschmarkt

Une allée, bondée, du Naschmarkt

Une allée, bondée, du Naschmarkt

Les restaurants, de part et d'autre des rues

Les restaurants, de part et d’autre des rues

Des fruits exotiques, tout bien rangés

Des fruits exotiques, tout bien rangés

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Après les halles, place au vrai marché, avec les étals moins conventionnels et les rues plus larges, puis au marché aux puces, énorme mais où se rassemblent finalement beaucoup de professionnels, les prix allant avec le prestige du lieu. Nous sommes habitués des brocantes et ceux qui nous connaissent savent qu’on peut facilement sacrifier la grasse matinée du dimanche matin pour partir vers le vide-grenier le plus proche, ou à la vente annuelle d’appareils photos chez Emmaüs. Et pour les fous de photo que nous sommes, Vienne est la ville idéale. On y ressent, bien plus qu’en France, l’influence de la Russie ou de l’Allemagne et de toutes leurs productions photographiques : Lomo, Leica, et les imitations qui vont avec. Bon, le problème, c’est qu’il est difficile de repartir avec beaucoup de choses quand on doit limiter sa vie à une valise, donc on est repartis les mains vides, mais l’appareil photo plein!

Une poupée desarticulée

Une poupée desarticulée

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Du toc, c’est sûr, mais la vendeuse ne voulait pas que je prenne de photo… tant pis pour elle!

Le docteur Falafel, qui nous a prescrit un traitement à base de Falafer à 11h du mat (pour notre défense, on s'était levés aux aurores...)

Le docteur Falafel, qui nous a prescrit un traitement à base de Falafel à 11h du mat (pour notre défense, on s’était levés aux aurores…)

Les petites Mamies Viennoises

Les petites Mamies Viennoises

Un peu découragée par les prix pratiqués au Naschmarkt pour les fruits et les légumes, j’ai voulu entraîner mon amoureux à un autre marché, où j’étais sûre de trouver mon bonheur. Lui était plus ou moins consentant, mais j’ai réussi à le convaincre avec une glace de chez Veganista, le glacier en bas de chez moi (à qui je vais consacrer un article de blog très prochainement!). Direction alors le Brunnenmarkt, dont je vous ai déjà parlé ici (clic). Je vous avais dit que « le Brunnenmarkt est un marché populaire de Vienne, qui a lieu du lundi au samedi le long de la Brunnenstraße, à Ottakring (le 16ème arrondissement de Vienne), à une vingtaine de minutes à pied de chez moi ». La comparaison avec le Naschmarkt est sans appel : c’est un vrai marché.

Par vrai marché, je veux dire, du bruit, du désordre, des odeurs, des gens qui parlent tout un tas de langues, des cris dans tous les sens, des femmes qui trainent leur caddie, des hommes qui boivent un verre au café, des vendeurs qui parlent une fois en turc, une fois en allemand, des légumes mal rangés et des prix écrit à la craie, où les fruits vendus sont ceux que l’on connait, et pas des légumes exotiques qui permettent de briller en société, un endroit où les vendeurs annoncent « billig, billig! » (le « pas cher, pas cher! » autrichien). Un vrai marché, et pas une vitrine de beau magasin, un endroit qui vit, où les gens vivent et où être blanc fait de vous la minorité. Bref, un endroit mille fois plus agréable que le Naschmarkt, et pourtant mille fois moins connu.

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Le Brunnenmarkt

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Pour trois fois rien, on a acheté des légumes tout frais et superbes, parfait pour se mettre un peu à la diète après deux semaines de repas au restaurant quasi quotidiennement, pour cuisiner ensemble des antipastis, manger de la salade et du melon (les deux pour 1€!). Les poivrons et les aubergines nous ont coûté en tout 80 centimes, alors qu’un beau plan de basilic grec a fini dans notre sac pour 2€50. Notre secret : acheter sur l’étal où toutes les femmes, cachées sous leur voile, se battent pour obtenir les derniers fruits et légumes restant. Leur acharnement témoigne de la qualité des produits, ou tout du moins du prix le plus bas.

Une petite fille un peu perdue

Une petite fille un peu perdue

Je sais que le Naschmarkt est un passage obligé pour tout touriste qui se respecte, et qu’un logement de vacances dans le 1er arrondissement est très prisé. Cependant, je ne peux que trop conseiller aux visiteurs de prendre le temps de sortir de ces endroits touristiques de la ville. Ce qui fait la beauté de Vienne, ce n’est pas uniquement ses palais, ses beaux monuments et ses superbes vitrines. Non, pour moi, ce qui fait la beauté de mon Vienne, ce sont les gens qui y vivent, ce sont les cultures qui s’entrechoquent, ce sont les rues en travaux et les légumes mal rangés, ce sont les vieux trams et pas les nouveaux climatisés, ce sont les soirées dans les petits bars de mon quartier, la vie dans la colloc avec 5 personnes, et la petite vieille qui promène son chien et qui me tape tous les jours la discut. Vienne, ce n’est pas que Sissi, l’empire et les dorures, c’est une ville vivante, vibrante et belle, aux multiples visages.

Vienne et ses visages

Vienne et ses visages

Pesto de roquette

Comme vous le savez sans doute, je suis actuellement en stage à Vienne dans l’entreprise Impossible. C’est un cadre de travail magnifique, sans prise de tête (je n’ai pas dit que le travail n’était pas prise de tête, hein…), où je n’ai pas besoin d’être sur mon 31 tous les jours pour venir bosser, où la majorité de mes collègues sont en tongs ou pieds nus, où les pauses café se prennent sans compter (et ce n’est pas moi qui apporte le café!)
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L’entrée de l’immeuble d’Impossible, typiquement Viennois

Mais Impossible c’est aussi une entreprise Autrichienne. Et si les Autrichiens sont très attachés à la ponctualité et à la propreté, ils font aussi très attention à l’environnement, à leur bien-être et à leur santé. C’est bien simple, j’ai rencontré plus de végétariens ici en quelques mois que dans toute ma vie. Du coup, forcément, je mange beaucoup moins de viande, et je remplis largement le quota des 5 fruits et légumes par jour.
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Tous les jours avant midi, Andreas, un de mes collègues, nous fait un jus tout frais pour 60 centimes par personne. Carottes toujours, carottes-pommes parfois, et rarement autre chose, sauf lorsqu’il se sent inspiré. Notre « Ministre de la Santé » chez Impossible ne manque jamais à son devoir, et malgré le travail que cela lui demande, il arrive toujours à nous servir des jus délicieux.
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Pourtant, ce n’est pas la seule chose que mes collègues font pour l’environnement. Je suis très attachée à consommer de la façon la plus responsable possible, notamment en favorisant les circuits courts et en évitant le plus possible les supermarchés et leurs rayons remplis à craquer. À Rennes, le marché le mardi me permettait de tenir jusqu’au vendredi avec les courses. Cela tombait bien car nous commandions en ligne tous les mardis des produits à La Ruche Qui Dit Oui, que nous récupérions le vendredi. Ce système me correspondait parfaitement, car il permet de réunir en un seul endroit plusieurs producteurs, de limiter les intermédiaires et donc de favoriser les revenus des producteurs. N’hésitez pas à aller faire un tour sur le site pour comprendre le fonctionnement des ruches et savoir s’il y en a une près de chez vous! Comme aime à dire Gilles, le responsable de la Ruche de Rennes, « Pour court-circuiter le système, le mieux c’est le circuit court! », une formule que je trouve absolument parfaite.
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À Vienne, je ne connaissais malheureusement pas de tels systèmes, et à l’étranger c’est toujours plus difficile de s’y mettre, à moins d’y être invitée par quelqu’un. Sur ce coup là, on peut dire que j’ai de la chance, car je n’ai pas eu à chercher longtemps. En effet, mes collègues chez Impossible ont l’habitude de commander des légumes tout frais directement à une ferme. On commande avant le mardi midi et on reçoit les produits le mercredi matin, directement livrés dans les bureaux. Cette ferme s’appelle Gärtenhof Gin, et ce n’est pas seulement une ferme bio, c’est aussi un endroit où travaillent des personnes en difficulté ou handicapées, un CAT en quelque sorte. (edit : ma copine d’amour Laura m’a précisé que les CAT n’existent plus et ont été remplacés par les ESAT : établissement et service d’aide par le travail)
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Je commande presque toutes les semaines, et je sais que je cuisine avec des produits frais et de saison, en circuit court et en faisant, en plus, un geste pour les personnes qui y travaillent. En bref, c’est une occasion parfaite pour moi de continuer à « militer » pour des valeurs qui me tiennent à coeur.
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Cette semaine, un petit panier pour moi, car j’ai commandé des aubergines, des courgettes et… de la roquette. Je me suis dit que c’était l’occasion idéale de parler de cette ferme et de donner par la même occasion ma recette de pesto de roquette. J’ai encore investi la cuisine tard ce soir, et rien ne s’est passé comme je l’aurai voulu. Le mixer ne mixait pas, j’ai utilisé un mortier-pilon que je n’aurai pas dû utiliser, bref, tout allait de travers alors que j’avais une furieuse envie de partager avec vous cette recette (ça explique aussi l’heure tardive de la publication de cet article…) Heureusement, ce n’est pas la première fois que je réalise cette recette donc je vais pouvoir vous la détailler quand même. Le problème c’est que dans mon ancienne colloc j’avais un mixer plongeant à disposition, et qu’ici il n’y en a pas. Du coup, je vous conseille de réaliser cette recette avec un mixer plongeant ou un bol mixer, mais pas la peine d’essayer avec un blender (j’ai retenu la leçon).
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Voilà à quoi doit normalement ressembler le résultat

Voilà à quoi doit normalement ressembler le résultat, et à quoi il ressemblait la première fois…

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Pesto de roquette

Préparation : 10 minutes – Cuisson : environ 5 minutes

Ingrédients

– Roquette : environ 100g
– Huile d’olive
– une gousse d’ail
– Frischkäse (fromage frais, Saint Môret) : environ 50g
– Crème fraîche : une petite cuillère
– parmesan rapé
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Préparation

Lavez la roquette et séparez-la en deux parts égales.
Faites cuire la moitié de la roquette avec un peu d’huile d’olive dans une poêle. Couvrez et laissez cuire à feu moyen pendant environ 5 minutes.
Hachez grossièrement l’autre moitié de la roquette au couteau. Hachez grossièrement une gousse d’ail.
Dans un saladier (ou bol mixeur, ou mortier-pilon) mettez la roquette cuite et crue ainsi que l’ail et un peu d’huile d’olive. Mixez.
La consistance ne doit pas être celle d’une soupe mais doit rester un peu granuleuse.
Ajoutez le frischkäse, la crème fraiche et le parmesan. Mixez.
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Le pesto de roquette se marie très bien avec les pâtes. Vous pouvez alors mélanger les pâtes « à l’italienne » avec le pesto, en faisant revenir les pâtes dans la préparation à la roquette directement dans une poêle.

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Si vous faites des raviolis ou, comme moi, des Tiroler Schlutzkrapferl (pas faits maisons, quand même, faut pas exagérer!), qui sont en fait des raviolis typiquement  Autrichiens, il est préférable de réchauffer le pesto dans une casserole et de le déposer délicatement dans l’assiette, juste comme ça :

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La belle couleur verte égaiera vos pupilles et vous papilles! Bon appétit et à très bientôt pour un article, surement sur des petites fringues, avec des photos beaucoup plus sympa que le dernier article parce que je retrouve mon photographe préféré dans quelques jours! ❤

Antipasti

Hier matin, samedi, je suis allée retrouver Laura, mon ancienne collocataire, pour me rendre avec elle au Brunnenmarkt. Le Brunnenmarkt est un marché populaire de Vienne, qui a lieu du lundi au samedi le long de la Brunnenstraße, à Ottakring (le 16ème arrondissement de Vienne), à une vingtaine de minutes à pied de chez moi. Je reviendrai plus en détail sur le marché en lui même, et je ne manquerai pas de la comparer avec le Naschmarkt, un autre marché beaucoup plus touristique, dans un prochain article qui ira directement dans la catégorie des petites vadrouilles.

Il faut dire que faire le marché me manquait beaucoup, j’étais habituée à y aller tous les mardis matins quand j’étais à Rennes, pour faire les courses pour toute la semaine : légumes, fruits, fromage, pain, viande, il y avait tout ce qu’il fallait. Ici, j’ai pris l’habitude de faire des petites courses de temps en temps, en rentrant du travail.

En fait, je ne peux pas vraiment me permettre d’acheter trop de choses car la vie en colloc ne permet pas d’étaler ses courses partout dans la cuisine, surtout quand on est six dans l’appartement! Comme dans l’Auberge Espagnole, on a tous un étage du frigo, un compartiment dans l’étagère, et pas un centimètre de plus. J’adore voir ce que mes colocataires ont dans leurs compartiments, car nos habitudes alimentaires ne sont pas tout à fait les mêmes. J’aime aussi tout particulièrement la règle de l’appartement selon laquelle tout ce qui est posé sur la table de la cuisine est pour tout le monde. Je me suis fait avoir une fois, lorsque Marlene, une amie, est venue manger chez moi et que nous avons oublié le gâteau qu’elle avait apporté sur la table de la cuisine : lorsque je suis revenue, une petite souris était passée par là et en avait prélevé une part! C’est le jeu, et je trouve ça particulièrement joli comme règle.

Notre cuisine n’est pas très grande mais c’est le seul espace commun à tous les colocataires. Un des murs est peint en un rouge sombre, qui rend la pièce très agréable, en plus des chaises dépareillées et du banc énorme (que je soupçonne d’avoir été volé dans la rue, car il ressemble étrangement aux bancs publics Viennois, mystère, mystère). Bref, c’est une cuisine conviviale, on s’y croise, on s’y attarde, tout dépend de l’emploi du temps de chacun. Malheureusement, on ne peut pas manger ensemble tous les soirs, chacun cuisine pour soi, car à six on est presque une famille nombreuse!

Hier soir, j’ai donc décidé d’investir cette pièce pour moi toute seule afin de cuisiner et de vous faire partager cette super recette que je tiens (roulement de tambour) encore de mon ancienne colocataire, Laura! Quelle jeune fille pleine de ressources, me direz-vous, et vous avez raison! Laura aime particulièrement faire des brunchs le dimanche matin, ses parents ou des amis lui rendent souvent visite à ce moment là, et ce n’est pas étonnant car ses brunchs sont délicieux! Une des recettes phares de ses brunchs est une recette d’antipasti. J’ai bien conscience qu’antipasti veut tout et rien dire, mais ça veut souvent dire « cher » et « compliqué ». Hé bien non! La recette que je vais vous montrer est très simple et pas chère du tout! Et puis c’est une satisfaction personnelle de pouvoir servir ces antipasti faits maison pour le brunch du dimanche matin.

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Pour cette recette, j’ai acheté tous les légumes ou presque au marché. La langue Autrichienne diffère sensiblement de l’Allemand dans certains cas, et particulièrement lorsqu’il s’agit des légumes. Les tomates qui sont des « Tomaten » en allemand deviennent de délicieuses « Paradeiser » en autrichien. Alors que les Allemands disent « Aubergine », comme en français, les Autrichiens disent « Melanzani ». Si cela sonne italien à votre oreille, les courgettes vont également vous apporter un peu de soleil de Sicile puisqu’en Allemagne comme en Autriche on les appelle « Zucchini ». J’ai donc acheté tous ces légumes au marché (à l’exception des tomates cerises et des champignons), ainsi qu’un magnifique plan de romarin (pour 2€50!) et de la féta grecque vendue en vrac.

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Antipasti

Préparation : 15 minutes – Cuisson : environ 30 minutes – Repos : de quelques heures à une nuit

Ingrédients

– 2 poivrons, un rouge et un jaune

– 5 petites courgettes ou 2 grandes

– 3 petites aubergines ou 1 grande

– une dizaine de petits champignons de Paris

– une dizaine de tomates cerises

– féta

– romarin & basilic frais

– huile d’olive

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L’histoire d’une veste en jean

Dans ma tête, il y a beaucoup d’idées qui s’entrechoquent. Je ne savais pas bien quel article je voulais écrire, après la recette typiquement Autrichienne que je vous ai proposé il y a presque 10 jours. Je ne veux pas que ce blog soit uniquement un blog de cuisine, mais ce qui est bien avec la cuisine c’est que c’est une façon de se dévoiler sans tout à fait se montrer. En partageant des choses que j’aime cuisiner, pour que vous les mangiez avec les yeux, je ne me met pas vraiment en danger…

… c’est tout à fait différent avec les vêtements. Je n’ai pas une garde robe pleine craquer, d’autant plus que ma garde robe se limite aux deux valises que j’ai pu apporter jusqu’en Autriche. Je ne suis pas particulièrement la mode, je ne prête pas vraiment attention aux tendances, ni au regard des autres. L’avantage de vivre dans une grande ville, c’est aussi de pouvoir faire ce que l’on veut en matière de style. En plus, j’ai la chance de travailler dans un milieu qui ne nécessite pas forcément d’être tiré à quatre épingles. Bref, ce que je porte ne plaît peut-être qu’à moi, mais ce n’est pas si facile de le partager comme ça, à travers ce blog.

Pourtant, j’ai prévu cette petite catégorie qui s’appelle « des petites fringues » et il faut bien que je l’inaugure. Alors j’ai envie de vous parler de pièces de ma garde robe qui sont tout particulièrement précieuses à mes yeux. Elles ne sont pas forcément chères, elles ne sont pas estampillées d’une marque connue et à la mode, mais elles ont souvent une histoire. J’ai envie de commencer par une petite fringue qui représente encore plus à mes yeux : il s’agit d’une veste en jean.

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Il y a quelques mois, avant que je parte à Vienne, ma grand-mère est venue me voir et m’a tendu une veste en jean, délavée, trop grande pour moi, et m’a dit « J’ai pensé qu’elle te plairait peut-être. ». Au premier regard, on ne peut pas dire que c’était le coup de foudre, je l’ai regardée, cette veste trop grande, toute légère, et je ne savais pas vraiment ce que j’allais en faire, je ne savais pas si elle ferait partie des vêtements que j’avais choisi pour partir. Autant dire que je m’étais trompée sur toute la ligne.

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Aussitôt essayée, j’ai tout de suite compris pourquoi elle allait m’être indispensable. Je n’aime pas les vestes en jean rigides, celles qui ne laissent aucune liberté de mouvement, celles qui grattent, celles qui sont lourdes rien qu’à porter sur le dos. Celle-ci est légère, fluide, trop grande, c’est vrai, mais du coup très ample et agréable à porter. En retroussant légèrement les manches pour ne pas ressembler à un bucheron mais à une vraie fille, elle est parfaite.

C’est bien simple, j’ai ici 4 vestes mais c’est celle que je porte le plus souvent. Je l’accorde souvent avec des robes, qui seules peuvent faire un peu cucul la praline, mais qui, avec cette veste, deviennent subitement beaucoup plus intéressantes. Par exemple, j’avais acheté une robe blanche tout particulièrement pour le mariage de ma copine France. À chaque fois que je la portais ensuite, j’avais l’impression d’être sur mon 31. Bon, maintenant c’est un peu différent parce qu’elle a déteint en gris (quand je vous disais que je fais pas attention à mes vêtements…), mais en l’associant avec la veste en jean je ne ressens pas la même impression. J’aime bien également la porter sur un short en jean. En bref, j’adore la porter, et c’est presque devenu un réflexe le matin de me saisir de la veste en jean avant de partir au travail. Parfois je la repose avec un peu de remords, mais elle ne peut malheureusement pas aller avec tout, et il faut que j’apprenne à l’utiliser avec parcimonie pour qu’elle garde encore toute sa magie.

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Malheureusement, mon photographe préféré et attitré n’est pas près de moi donc il faudra se contenter de ces photos prises à la sauvette devant la glace de la chambre que j’occupe actuellement…!

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Avec une robe achetée dans une friperie Viennoise il y a trois ans, et des ballerines H&M saumon

Vous l’avez bien compris, cette veste n’est pas n’importe quelle veste en jean, elle est pour moi tout à fait précieuse. En plus, quand je pense que c’est une des personnes que j’aime le plus au monde qui me l’a donnée, elle a encore plus de valeur à mes yeux. Ma grand-mère est non seulement une des femmes les plus parfaites de ce monde, elle est aussi incroyablement cool (toutes les grand-mères n’ont pas une veste en jean à filer à leur petite-fille, quand même). Elle dit souvent que la vieillesse « c’est dans la tête« , et j’ai l’impression que dans sa tête la vieillesse n’a pas encore trouvé sa place, même à presque 80 ans. Être séparée d’elle pendant plusieurs mois, peut-être plusieurs années, c’est une déchirure. Je sais que tu ne verra pas cet article sur un écran, Mamie, mais je suis sûre que quelqu’un l’imprimera pour que tu puisses le lire. Je n’ai rien de plus à ajouter que tu ne sais déjà,  seulement « Impossible de t’aimer d’avantage, impossible d’oublier ton image.« 

– Je t’aime.